Après l’année noire de 2020, des perspectives encourageantes – partie 2

Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) vient de publier son dernier rapport annuel, sur fond de crise économique et sanitaire. Si le système des retraites se trouve impacté jusqu’en 2024, les prévisions sur le long terme sont en légère amélioration par rapport aux prévisions de juin 2019.

(Lire la première partie de cet article )

Une baisse des dépenses

Le COR rappelle que seul l’indicateur des dépenses (la fraction de la richesse nationale consacrée aux retraites) reste déterminant pour évaluer la soutenabilité financière du système. Si les dépenses diminuent, le système est plus aisément soutenable. Le solde financier, l’indicateur le plus largement commenté, reste dépendant des ressources du système, dont les projections dépendent des scénarios considérés, mais aussi de facteurs sans rapport avec la politique des retraites (le traitement indiciaire des fonctionnaires par exemple).

C’est probablement le point à retenir : à long terme, les dépenses de retraite vont baisser et leur part dans le PIB se trouver maîtrisée, s’échelonnant de 11,6% à 13,4% selon le scénario retenu. Selon le COR « il est parfaitement légitime de défendre que ces niveaux sont trop bas ou pas assez élevés selon les préférences politiques ».

En effet, malgré le vieillissement de la population et un ratio cotisant / retraité porté à 1,3 en 2070 (contre 1,7 aujourd’hui) les réformes engagées jusqu’à aujourd’hui ainsi que le recul de l’entrée dans la vie active vont permettre d’augmenter l’âge moyen de la retraite qui s’élèvera à 63,8 ans en 2040 contre 62,2 en 2019.

De plus, la pension moyenne augmentera moins vite que le revenu moyen d’activité : le rapport aujourd’hui de 50,8% serait ramené à un niveau variant entre 32 et 37% en 2070.

Par rapport aux prévisions de 2019, les dépenses du système de retraite projetées en 2020 sont sensiblement inférieures pour tous les scénarios : conséquence directe de la crise, les droits constitués en 2020 sont moindres, ce qui aura pour effet de diminuer les pensions versées sur les prochaines décennies.

Les écarts proviennent également selon le COR d’une « amélioration du modèle de projection de l’AGIRC-ARRCO » réduisant les pensions liquidées ainsi que des hypothèses de rémunération dans la fonction publique : la part des primes augmenterait jusqu’en 2037 alors que les traitements indiciaires n’évolueraient pas aussi rapidement, ce qui génèrerait une baisse des pensions des fonctionnaires.

Ainsi, à l’horizon 2040, les dépenses diminuent en valeur de 4,6 à 4,9% par rapport aux prévisions de juin 2019, et de 5,8 à 6,4% en 2070 pour l’ensemble des scénarios retenus.

2035 pour un retour à l’équilibre ?

Côté solde financier, le COR présente comme chaque année des projections extrêmement variables selon les scénarios utilisés et la convention retenue.

Pour rappel, 4 scénarios de croissance sont considérés dans l’exercice de prévision (1%, 1,3%, 1,5% et 1,8%) avec un taux de chômage de 7%, plutôt favorable au regard de la situation observée sur les 10 à 20 dernières années.

Les projections font appel à 3 conventions comptables différentes, jouant sur les ressources tirées des régimes publiques (fonction publique d’Etat et régimes spéciaux), et donc de la contribution de l’Etat dans le financement des retraites :

  • la convention EPR (équilibre permanent des régimes),
  • la convention TCC (taux de cotisation constant, figé à sa dernière valeur)
  • et la convention EEC (effort de l’Etat constant, figé à sa part de contribution dans le PIB en 2020) celle dans laquelle l’Etat apporte le financement le plus élevé.

Ainsi, dans le scénario le plus favorable (convention EEC et croissance à 1,8%), le retour à l’équilibre des finances du système intervient dès 2035 jusqu’à atteindre 1,7% du PIB en 2070, alors que dans le scénario le plus défavorable (convention EPR et croissance à 1%) le système reste durablement en négatif, à hauteur de 1% du PIB en 2070 quasiment comme en 2020…

Dans le scénario intermédiaire correspondant à l’ancienne convention COR (la convention TCC) et avec un taux de croissance de 1,5%, l’équilibre financier est atteint aux alentours de 2055.

Globalement, les projections de solde sont en légère amélioration par rapport à celles présentées en juin 2019, du fait d’une diminution des dépenses plus dynamique que celle des ressources.

En définitive, la crise sanitaire et économique crée un choc sans précédent sur la situation financière des régimes à court-terme, mais n’impacte pas l’équilibre du système sur un horizon plus lointain.

Source : rapport du COR novembre 2020

Auteur : Fanny MARTHE-ROSE, consultante Transition Emploi Retraite

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